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La question coloniale au pavillon belge de Venise

Les expositions de Luc Tuymans et de Vincent Meessen par Alisson Bisschop

Mathieu Kleyebe Abonnenc, Forever Weak and Ungrateful (8), 2015. Courtesy : l’artiste et Galerie Marcelle Alix, Paris ©Mathieu Kleyebe Abonnenc.

En 2001, dans le pavillon belge à la Biennale de Venise, l’artiste Luc Tuymans expose une série de toiles se référant explicitement à l’histoire coloniale de la Belgique au Congo, sous le titre Mwana Kitoko: Beautiful White Man. Il explore, par la voie de la peinture, une archive photographique relative à la visite du roi Baudouin au Congo, en 1955, et à l’assassinat de Patrice Lumumba (1961). Quelques années plus tard, en 2015, Vincent Meessen choisit lui aussi d’investiguer cette période complexe de notre passé national, à travers une exposition collective et internationale intitulée Personne et les autres. Il invite dix artistes de différents pays à exposer à ses côtés pour investiguer les héritages coloniaux, à l’appui cette fois de vidéos, d’installations, de photographies et d’archives. Si les propositions des deux artistes diffèrent à bien des égards, elles ont chacune eu l’audace d’aborder un sujet encore relativement tabou, celui du colonialisme, et ce dans l’une des manifestations d’art contemporain les plus célèbres au monde. L’exploration des interventions de Tuymans et Meessen permettra ainsi de revenir sur le contexte historique, politique et sociétal dans lequel elles s’inscrivent, tout en faisant le point sur les répercussions et l’impact de ces deux expositions emblématiques de l’histoire du pavillon belge à Venise.


 

Titulaire d’un master en histoire de l’art et archéologie (ULiège), Alisson Bisschop prépare actuellement, à la faveur d’une bourse de doctorat en sciences humaines de l’Université de Liège, une thèse sur la question coloniale belgo-congolaise dans le champ de l’art contemporain, depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.