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La nostalgie de Babel ou le rêve d’une langue universelle

Par Jean-Philippe Convert

le 25.09 / 23.10 / 27.11

Jean-Philippe Convert, 180618, 2018. Courtesy of the artist.

Le projet de langue universelle ou la tentative de redécouvrir la première langue parlée - la langue d’Adam - habite l’histoire humaine de longue date. Ce cycle en suivra la trace depuis le mythe de la tour de Babel jusqu’à l’idéologie de l’Intelligence Artificielle. Fondée sur l’hypothèse que le processus de pensée humaine peut être mécanisé, l’Intelligence Artificielle est en un sens le dernier avatar de cette volonté humaine de conjurer la malédiction de Babel, la dispersion des Humains dans un monde fait de langues différentes. Au XIIIe siècle déjà, le philosophe catalan Raymond Lulle tenta en s’appuyant sur les arts de la mémoire de créer une langue parfaite. Celle-ci est à l’origine de projet de Leibniz de concevoir, au XVIIe siècle, un langage universel du raisonnement. Ce dernier projet de mathématisation de la langue échoua, mais ouvrit le champ de la recherche en intelligence artificielle.

De Lulle à Leibniz s’opère un passage d’un univers intellectuel qui tenta de modéliser l’acte de parler, à un autre où il s’agit de dupliquer le cerveau humain, puisque tel est le but de la recherche en intelligence artificielle : faire de nous des robots.

Ce cycle se répartit en trois séances autonomes. La première abordera le rêve d’une langue universelle à partir du film Peter Ibbetson de Henry Hathaway (1935) ; la deuxième examinera l’évolution des arts de la mémoire depuis l’Antiquité jusqu’à la Renaissance ; la troisième explorera les prémisses philosophiques de l’Intelligence Artificielle et en examinera plusieurs figures dysfonctionnelles, de Frankenstein aux machines célibataires…


 

Jean-Philippe Convert est écrivain, plasticien et performeur. Son travail est notamment mobilisé par les questions liées aux langues inventées, cryptiques ou considérées comme marginales. Dans cet état d’esprit, il s’est intéressé au travail de Sophie Podolski dont il a proposé une étude dans le catalogue posthume publié par le Wiels en 2018. Il a également édité un article dans le quatrième numéro de la revue FACETTES (2018), dont le contenu constitue la base du présent cycle de conférences.