Aller au contenu
Ajouter au calendrier

La fiction du «je» Chronique d’une mort annoncée

Par Marion Zilio

Dates des conférences : 16.05 / 23.05


Valérie Belin, Golden Girl (série All Star), 2016, Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles. ©Valérie Belin

Et si le moi n’était que fiction, un maillage subtil de représentations et d’énoncés ? Et si le visage n’était que le support de ces significations, évoluant au gré des mentalités et des conceptions du monde ? Objet de réflexion, au double sens du terme, le visage est un moyen d’accéder, voire d’anticiper, les paradigmes qui dessinent les contours d’une époque. Des masques aux selfies, l’histoire du visage est l’histoire d’une invention qui s’ignore. Une invention qui plaça l’homme au sommet d’une pyramide, dont la forme triangulaire pourrait être sur le point de s’inverser, tel un entonnoir. 

Du fait de son impossible auto-perception, l’humain s’est doté d’organes artificiels prolongeant son moi. Le masque est l’une de ces créations d’organe, il est le premier stade d’un processus d’individuation technique promis à évoluer. Il représente
la version archaïque d’un phénomène d’externalisation industrielle de la face qui, de l’invention du sujet moderne par la photographie à la « facebookisation » du monde, refonde en permanence notre identité.


 

Marion Zilio est critique d’art (AICA-France) et commissaire d’exposition indépendante (C-E-A / Commissaires d’Exposition Associés). Docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, elle est l’auteure de Faceworld. Le visage au XXIe siècle (PUF, 2018).