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L’inaudible en peinture

Par Rosanna Gangemi

19.11 / 26.11 / 03.12

Jan Van Eyck, L’homme au turban rouge, 1433. © National gallery, Londres.

Songer à l’inaudible en peinture évoque bien vite le fameux Cri de Munch autant que l’articulation de ce hurlement : la retranscription des émotions, sonores, passe dans ce cas par l’usage des ondes, qu’on retrouvera également dans d’autres tableaux de Munch, comme les Madonna.

Ce cycle de conférences s’intéressera à la question de l’inaudible dans les arts, et en particulier dans la peinture, considérée comme « poésie muette », par essence silencieuse. Si l’on sait désormais qu’une absence de perception ne signifie pas une absence de son, nous nous occuperons de réinterroger de quoi ce vide auditif serait plein.

Des premières interprétations rituelles des peintures rupestres jusqu’aux sons récemment envisagés comme dédoublements plastiques et acoustiques, en passant par les artefacts dotés d’une voix auto-énonciative (telle le me fecit dans L’homme au turban rouge de Van Eyck), les représentations de l’inaudible nous feront traverser l’histoire de l’art occidental, en conviant notamment Raphaël, Rubens, Le Dominiquin, Chardin, Töpffer, Anker, Kandinsky, Klee, Magritte, Mondrian, Chagall, Duchamp, Michaux, Picasso, Kupka, Pollock, Hopper, Lichtenstein, Cage, Higgins, Weiner et bien d’autres.


 

Rosanna Gangemi est philosophe de l’art, journaliste et essayiste. Elle a codirigé la revue internationale d’art DROME magazine et coordonné de nombreux projets artistiques et culturels. Elle a enseigné la théorie des images et les arts visuels contemporains à l’Université Paris-Est et travaille à une thèse sur le regard chez l’écrivaine Marlen Haushofer.