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CHARLOTTE HUBERT et CLÉLIA BARBUT

AQUAGYMOLOGIE

Souvent reléguée dans un coin du bassin, l’aquagym est en bas de l’échelle des légitimités de la piscine municipale.

Elle est faite la plupart du temps par des corps féminins non sexualisés et non canoniques : chairs en ballotage et en débordements, que l’eau accueille, allège, suspend. La frite en mousse soutient un équilibre étranger à la gravité, qui s’apprend en faisant l’étoile et en battant des pieds. Pourtant dans ce coin discret de bassin, on durcit ses abdos-fessiers et on tonifie son périnée. Il s’agit de traduire l’intimité de cette chorégraphie collective - étrange entre-soi charnel et tonifiant, en espace public.

L’aquagym peut-elle se rendre dicible ? Comment dire les corps qui se travaillent dans la piscine ?

À travers la forme de la conférence-performance, le langage universitaire vient informer les corps sans gravité en même temps que les abdo-fessiers infiltrent la posture du conférencier.
Nous évacuons d’emblée la question de la vérité. Par l’ironie du sujet, la parole académique devient performative, et nos corps aussi. L’aquagymologie invente des références, des connaissances, des personnages. Le discours est clair mais il floute les rôles et les frontières. L’aquagymologie vise donc à produire une science qui n’existe pas. Face à cette incongruité, il s’agit de créer du savoir autant que de le mettre en scène.

  • Mercredi 21 octobre / 18h30-20h
  • Séance : 1,25 €/ 5€/ 7,50€
  • Entrée libre étudiants de - 26 ans