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Ce que Gianni Pettena nous apprend

Par Guillaume Désanges

Portrait de Gianni Pettena © Studio Gianni Pettena

Depuis ses débuts il y a plus de cinquante ans, l’œuvre de Gianni Pettena interroge l’architecture vue comme contrainte de notre rapport à l’espace. Constructions végétales, maisons recouvertes de glace ou de terre, inventaire d’architectures inconscientes…, ses propositions artistiques mêlent le concept, l’activisme et la poésie. Pas étonnant que le curateur Guillaume Désanges s’y intéresse dans le cadre de son cycle d’expositions «  Matters of Concern / Matières à panser ».

« Décidant précocement d’"apprendre de la nature" plutôt que de la dompter, son œuvre apparaît pionnière dans la critique des effets de l’anthropocène (…). Mais au-delà d’une dénonciation qui n’est jamais frontale, c’est plutôt la question de l’apprentissage, de la transmission de savoirs d’un champ à un autre, d’une culture à une autre, d’un règne à l’autre, qui marque la démarche de l’artiste. Ses architectures minérales ou végétales connectent symboliquement nature et culture, en déléguant leur forme et leur destin au vent, au temps et aux saisons. Déconstructions qui ne sont donc plus isolantes mais conductrices, non plus censées protéger des contingences et des intempéries, mais au contraire en être pleinement redevables. » (G. Désanges)

Nourri par sa visite de l’atelier de l’anarchitecte italien, Guillaume Désanges nous propose une lecture de cette œuvre constamment d’actualité, à laquelle les Presses du Réel viennent de consacrer une monographie de référence.

Guillaume Désanges est commissaire d’exposition et critique d’art. Derniers projets en date outre sa collaboration avec la Fondation d'entreprise Hermès : L’esprit français, Countercultures, 1969-1989 (2017, La maison rouge, Paris), L’ennemi de mon ennemi (2018, Palais de Tokyo, Paris) ainsi que le cycle Généalogies fictives (en cours, Saint-Nazaire, Le Grand Café - Centre d’art contemporain).